










Comme tous les changements de grande ampleur, comme tous ceux aussi qui impliquent deux grandes agglomérations chatouilleuses sur leurs prérogatives, la fusion des 2 orchestres de Besançon et Montbéliard a mis quelques temps à s’imposer. On se souvient de la dernière saison de l’Orchestre de Montbéliard dirigé par Paul Staïcu qui avait pu ressembler à un poignant chant du cygne.
La raison l’a finalement emporté, mais pas seulement. Mis de côté le fait que le gros des troupes vient de Besançon (10 musiciens montbéliardais intégrés à l’ensemble bisontin), il semble en effet que cette mutualisation puisse être qualifiée de partenariat gagnant-gagnant, tant pour les collectivités que pour le public. Il faudrait même parler. En effet, pour la même dépense partagée entre Montbéliard et Pays de Montbéliard Agglomération (250 000 €), le nombre de concert est multiplié par 2 dans le Nord-Est Franche-Comté avec 10 dates incluant 5 concerts symphoniques, un concert pour les jeunes à la Roselière le 28 janvier dernier, et 4 concerts du projet Bach (Passe ton Bach d’abord).
Le concert du nouvel an à l’Axone, avec un programme spécialement concocté pour l’occasion autour du Boléro de Ravel et de Carmen de Bizet, a montré que le nouvel Orchestre pouvait fort bien embarquer les spectateurs nord-est francs-comtois avec 1 500 mélomanes séduits.
A Jean-François Verdier, clarinettiste et chef d’orchestre talentueux, nommé Directeur artistique du nouvel ensemble en 2010, de poursuivre dans une voie à la fois accessible au grand public et reconnue sur la scène du Grand Est. Les acteurs locaux, conservatoires, scolaires, attendent de leur côté d’être associés à la dynamique.

En somme, l’Aire urbaine attend un projet solide en équilibre sur ses 2 jambes franc-comtoises. 2 jambes ? Ou peut-être plus : la saison 2010/2011 repose en effet sur une entente intercommunale s’appuyant sur une convention de 2 ans dont l’objectif est de déboucher sur la création d’une structure indépendante en 2012. En la matière, l’ambition et le rayonnement potentiel se mesurent aussi en termes de budget. A hauteur de 1,3 million d’euros (M€), il commence à devenir sérieux, mais est encore loin du niveau de certains orchestres régionaux disposant jusqu’à 10 M€. La Région et les autres agglomérations franc-comtoises pourraient être sollicitées.
L’orchestre Besançon-Montbéliard : modèle réussi d’intégration franc-comtoise ? A suivre !
En savoir plus : lien vers le programme 2010 - 2011
Crédit photo : orchestre Besançon-Montbéliard
Article publié le 25/02/2011