










Les statues tutélaires et bienveillantes abondent dans le monde. La statue de la Liberté accueille les nouveaux arrivants à New York, le Christ de Rio embrasse la mégalopole brésilienne, le Lion de Belfort veille sur la ville… Et voilà qu’une présence humaine assistera l’emblématique sentinelle belfortaine depuis la terrasse de la Citadelle, lieu qui s’imposait pour sa vue à 360° sur le grand paysage.
C’est d’abord à une expérience intime que Joanne Leighton convie les 731 veilleurs qui restent à recruter : prendre le temps de méditer pendant une heure, seul face à la ville, à la fois acteur et observateur, incarnant un regard, une écoute et une présence « avec légèreté et sans stress ». En découle, du moins peut-on le supputer, une connexion harmonieuse et bienveillante entre la ville et son veilleur.
Et puis il y a l’aventure collective. D’abord le veilleur ne sera pas complètement seul puisqu’un accompagnateur lui ouvrira les portes, le prendra en photo et recueillera ses impressions à l’issue de la veille. Ensuite parce que le nombre de 731 veilleurs (et autant d’accompagnateurs) laisse espérer à Joanne Leighton que les volontaires viendront de tous les publics et tous les horizons. Des partenariats sont déjà prévus avec diverses structures, tant sociales que touristiques ou professionnelles. L’idée reste, à travers un concept décalé, d’amener en douceur une large frange à l'univers de la création contemporaine. Tous les candidats, même ceux dont les liens avec Belfort paraissent a priori ténus, sont donc invités par Joanne Leighton, avec la possibilité de choisir, dans une certaine mesure, la date de la veille. L'inscription se fera par internet ou par téléphone puis une rencontre aura lieu tous les 15 jours pour préparer les veilles avec les volontaires. Les témoignages et productions visuelles seront également valorisés sur internet et sur papier.

Photo (CCNFCB) : surplombant la ville et le lion, le veilleur regardera le jour se lever et la nuit tomber depuis "la 22ème fenêtre" installée sur la terrasse de la Citadelle.
La performance commencera le 18 septembre comme pour prendre le relais de l’année du Lion qui sera officiellement inauguré ce même weekend. Ce jour-là, à 18h40 précises, le 1er veilleur prendra place dans la structure imaginée par Benjamin Tovo et Nouja Jamil après sélection sur concours. Elle évoque un exosquelette enserrant un couloir fermé et vitré sur ses 2 extrémités (caractéristiques sans doute très utiles l’hiver en plein vent). D’en bas, elle reprend le motif des fenêtres de la citadelle et s’intitule donc « la 22ème fenêtre ». Les veilleurs se tiendront ainsi au-dessus de la ville, se découpant en contre jour sur l’éclairage intérieur.
« Alors s’évasera le jour
Pour mieux rasséréner la nuit
Et le veilleur en haut la tour
Couvera la ville ébahie… »
En savoir plus et s’inscrire : www.ccnfc-belfort.org
Article publié le 25/05/2011