










En 2005 déjà, puis en 2007, le concept avait enchanté des dizaines de milliers de promeneurs. L’évènement, initié par la Communauté de commune du Pays Sous Vosgien (CCSPV) avait eu un formidable retentissement à l’échelle d’un territoire de 6 500 habitants et avait suscité l'intérêt bien au-delà de l’Aire urbaine.
Depuis, ce qui devait être une biennale cherchait un 3ème souffle, le temps de (re)trouver les énergies et les financements nécessaires à l’organisation d’une telle manifestation.
C’est chose faite aujourd’hui : l’affaire est menée tambour battants par Sylvie Ringenbach (photo ci-contre), Vice-présidente de la CCPSV, solidement épaulée par une petite équipe de bénévoles qui y consacrent leurs week-ends depuis plus d’un an. Les partenaires sont naturellement le Conseil général du Territoire de Belfort, la DRAC, les communes mais aussi le SMAU et la Région à travers le Contrat de Pays 2007-2013.
En pratique, une sorte de concours a été organisé dès 2010 auprès du monde artistique sur un thème qui prend de la hauteur : « Créer un monde pour demain ». Une idée bien dans l’air du temps qui va chercher du côté du retour à la nature, du développement durable et qui interroge sur notre avenir commun.
Parmi les nombreuses candidatures, un jury a sélectionné 14 artistes auxquels se sont ajoutés un Suisse et des élèves de l’Institut européen des arts Céramiques de Guebwiller. Soit 17 installations en tout, sans compter les bâches très colorées peintes par les enfants des centres de loisirs (photo ci-contre).
Les œuvres se lovent dans les paysages, mêlant leurs imaginaires aux fonds de bois, de prairies et d’étang, le long d’un parcours en boucle d’une quinzaine de kilomètres balisés par les soins de l’association Codérando. Le promeneur est ainsi appelé à de fulgurantes rencontres derrière chaque buisson tout en se faisant les mollets.
Photographiées sous toutes leurs coutures, les œuvres seront collationnées dans un coffret de 25 cartes postales complétées par les textes d’un atelier d’écriture qui s’est tenu sous la houlette d’un écrivain mis à disposition par le Centre régional du livre. Cette action prévue dès l’origine de la Ligne Bleue permettra de garder une trace dans le temps à l'image des livrets des 2 précédentes éditions.
Carte : la boucle de Sous la ligne bleue entre Ettuefont et Rougemont-le-Chateau

Un topoguide édité à 30 000 exemplaires distribués un peu partout (et visible sur le site de la Ligne Bleue) permet de se repérer sans encombre. Il a été réalisé avec le soutien du fonds à la coopération franco-suisse du Canton du Jura et du Territoire de Belfort, ce dernier ayant déniché un partenariat naturel avec l’équivalent suisse de Sous la ligne bleue : la ballade de Séprais. Si la promenade au milieu des incroyables formes contemporaines du Pays Sous Vosgien vous séduit, il sera temps de faire un saut en Suisse pour profiter du même type de découverte, d’autant que là-bas, l’exposition est permanente.
En France, les œuvres sélectionnées ne sont pas acquises : les artistes ont reçu une bourse de création de
1 500 € incluant le matériel utilisé et les travaux d’installation. A charge pour eux d’avoir tout fini au 30 avril 2011. Autrement dit, tout est déjà en place depuis quelques semaines même si l’inauguration officielle est prévue le week-end du 27 au 29 mai avec, notamment, une illumination des serpents de toile de Monsieur Frog (en pleine action sur la photo ci-contre).
Par la suite, de nombreuses animations seront organisées le week-end par une douzaine d’associations locales chargées de tenir la buvette et d’agrémenter les pauses des promeneurs. Une chorale donnera de la voix, les théâtreux improviseront des tréteaux, l’association « le potager dans mon assiette » mijotera de la soupe, etc. L’apothéose viendra en septembre puisque Sous la Ligne Bleue sera dans les petits papiers de « Ballons en ballade », manifestation organisée par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges : la condition pour y participer était en effet de multiplier les performances le long des chemins.
Il ne reste donc plus qu’à ressortir ses baskets, car la balade reste familiale et à partir à la rencontre d’une étrange chrysalide réalisée par Charlotte Dugauquier, ou encore du « rythme des saisons » de Michel D’Aronco. Saurez-vous les reconnaître ?
Photo à droite : Benoit Decque en pleine installation
d' "une improbable perfection"
En savoir plus : www.souslalignebleue.org
Crédit photo : CCPSV / SMAU
Article publié le 25/05/2011