Eurockénnes 2009 : ambiance, souvenirs, photos et tipps*

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Eurockénnes 2009 : ambiance, souvenirs, photos et tipps*


Aux Eurockéennes, il y a une première fois – inoubliable – suivie de toutes autres qui sonnent comme un retour aux sources annuel, avec ses rituels et ses découvertes. L’édition 2009, contrairement à de sombres pronostics – « difficile de reproduire le succès d’une XXème édition » - fut de nouveau un grand cru à la fréquentation remarquable : autour de 95 000 entrées. Retour sur les moments forts du festival.

 

*un "tipps" = "conseils, trucs et astuces"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Les festivaliers enthousiastes, la Grande scène investie par les Wampas et quelques centaines de jeunes filles, et Alela Diane en famille sur la scène de la plage. 

 

Vendredi 16 h – navette : c’est parti !

Dans la navette bus qui relie le parking principal sur l’aérodrome à l’entrée du site du Malsaucy (10 minutes environ), l’ambiance est déjà très chaude, et pas seulement côté température. C’est le tout début du festival, tous les espoirs sont permis et l’énergie est intacte. Un petit groupe très motivé écoule tout son stock de chansons paillardes pendant le trajet avant d’entraîner l’ensemble du bus dans un « bâbord / tribord » à faire trembler les vitres. Le ton est donné !

 

Vendredi un peu plus tard : passage de la « douane »

Récupération de l’accréditation sans file d’attente, vérification rapide des billets et fouille expresse de sac : tout cela se déroule avec une certaine fluidité. Les Eurockéennes sont une grosse machine bien huilée. Sur les 3 jours que dure le festival, les occasions de se plaindre de l’organisation sont finalement rares. Ceci est à mettre très largement au crédit du staff, comprenant de très nombreux professionnels, mais aussi quelques bénévoles du « Comfort Crew » (troupe bénévole issue de la fédération Comet’ et composée essentiellement d’étudiants de l’UTBM).
Une fois tous les contrôles passés s’ouvre un univers hors du temps et de l’espace : le site du Malsaucy rendu méconnaissable et grouillant de vie autant que de musique.

 

Tipps – Marchandise interdite
C’est assez difficile à imaginer une fois à l’intérieur, mais les appareils photos et les bouteilles plastiques sont théoriquement interdits. Soit que les fouilles sont un peu lâches, soit qu’il
s’agisse d’une obligation légale assez pénible à faire respecter, en tous les cas, les bouteilles en question jonchent le sol et la concentration de photographes amateurs, voire de cameramen, est assez impressionnante…


Vendredi 16h50 – Chapiteau : Emiliana Torrini pour démarrer en douceur
Emiliana Torrini, une islandaise comme son nom ne l’indique pas, ouvre le bal sous le grand Chapiteau pour une mise en route tout en douceur et en subtilité. Une classe naturelle et quelques morceaux un peu plus rythmés suffisent à embarquer le public malgré une chanson abandonnée en plein milieu…


Vendredi 17h40 – Grande scène : Les Wampas sont déchaînés

Beaucoup moins subtils, mais plus efficaces du point de vue de l'occupation de la scène et de ses abords, les Wampas assurent le premier « show » du weekend à coups de refrains crétins et de grosses guitares. Didier Wampas a une façon bien à lui, à la fois forcenée et réjouissante de chercher (et trouver) le contact avec le public. Ceux qui s’amusent le moins, ce sont les régisseurs de scène et le service sécurité. Les premiers ont beaucoup de problèmes avec l’utilisation du micro qu’on espère très solide puisque M. Wampas s’en sert comme d’une sorte de lasso pour battre la cadence. A force de ramasser les objets qui volent, de rétablir les baffles de retours qui servent de podium et de tester la longueur des câbles pour suivre le chanteur très loin dans le public, ils font quasiment partie du décor.
Le service sécurité, quant à lui, doit gérer les allers-retours du chanteur dans la foule avant d’être complètement débordé par 200 nanas en folie qui envahissent la scène sur l’air de « Petite fille, je voudrais passer ma vie avec toi »… Ces demoiselles ayant été explicitement sollicitées par le chanteur. Tout avec bon goût naturellement…

Un grand moment donc, qui fait presque adhérer au propos de la dernière chanson, qui est aussi le titre du dernier album : « les Wampas sont la preuve que Dieu existe ».

 
  
 

 

 


 

 


 

Vendredi 18h40 – Chapiteau : Oxmo Puccino, rappeur poétique

Oxmo Puccino fait une démonstration de hip hop pas caricatural pour un sou, en revenant à l’essence poétique des mots et en s’entourant d’un univers musical quasiment jazzy et festif. Superbe.

 

Vendredi vers 20h – Grande scène / Loggia : les plombs ont sauté

Ginzhu est interrompu dans son élan par une bonne panne d’électricité qui dure, qui dure... Direction la Loggia où l’on retrouve la chanteuse Shingai Shoniwa des Noisettes telle une sirène ondulant sur une sono (ci-contre). Découvert à GéNéRiQ, ce groupe se résume en une métaphore féline : du ronronnement au miaulement agressif. Jouissif !

 

Tipps : Scène Loggia

La scène de la loggia semble installée dans une impasse avec la grosse régie qui bouche la vue depuis le couloir végétal qui permet d’y accéder. L’impression est pourtant trompeuse. D’abord il y a autre cheminement qui contourne l’îlot forestier par la droite et qui arrive au bas de la scène. Ensuite, les gens ont tendance à se masser au niveau de la régie alors que les rangs s’éclaircissent un peu plus bas. Il faut donc insister et descendre pour profiter réellement du spectacle !

 

 


 

Vendredi 21h – Chapiteau : Yeah Yeah Yeahs

Le groupe Yeah Yeah Yeahs marque l’entrée dans la transe nocturne avec une chanteuse leader déchainée qui mange la scène à pleine dent.
Les grands festivals comme les Eurockéennes s’épanouissent à la nuit. L’ambiance change, les lumières s’allument, la folie s’empare des corps et des esprits… A noter, cette année les espèces de "plantes vertes" lumineuses, mises en place par un des sponsors, qui sont du plus bel effet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Vendredi 21h30 – Dans le village restaurant

Chacun, à un moment ou un autre, part à la recherche de sa pitance et quelques minutes de queue sont parfois nécessaires. Mais il suffit parfois de s’écarter un peu pour trouver des stands quasiment vides. Un petit coup de cœur pour le stand des reggaemen au niveau de l’entrée du site qui vendent des fruits frais et de la soupe : ça change des sandwichs grosse saucisse et des gaufres au chocolat.
A l'aune de la faim naissante, les odeurs se mêlent et se font plus insistantes, l’appétit s’aiguise, tandis que les jambes commencent à devenir plus lourdes. La pause s’impose. Dommage que manger signifie souvent « rater tel ou tel concert ». Passent ainsi ce soir à la trappe Cypress Hill, le fameux rappeur américain ou Monotonix, groupe de hard garage qui joue directement dans la foule, et qui, paraît-il, est très impressionnant selon de chanceux spectateurs.

 

Tipps – Ecouter de la musique, c’est du sport

On ne le souligne pas assez : pour tenir sur la durée d’un festival, il faut être en bonne forme physique et ne pas cumuler du retard de sommeil au départ.
Une petite pensée au passage pour les 10 000 festivaliers qui dorment – ou plutôt ne dorment quasiment pas – au camping du jeudi soir au lundi matin...
Pour le festivalier moyen, il s’agit grosso modo de piétiner debout une dizaine d’heures par jour avec des allers-retours incessants de long en large entre les scènes, sous le cagnard ou sous la pluie, le tout jusqu’à une heure avancée de la nuit. Quelques séances de jogging dans les 2 semaines précédentes représentent la promesse de ne pas s’écrouler après le premier concert. On redécouvre à l’occasion à quel point le fait de s’asseoir peut procurer une sensation d’infinie plénitude.


Tipps – le kit du bon Eurockéen

Il est indispensable de se munir d’un équipement tout terrain bien spécifique dont certains éléments attendent toute l’année dans un placard le premier weekend de juillet. La base, ce sont des chaussures adéquates, du style de celles dans lesquelles on se sent comme dans des chaussons et qui ne craignent pas d’être abîmées. A moins de parier carrément sur les bottes en prévision des premières gouttes de pluie qui transforment instantanément le terrain en champ de boue.
Il convient donc également de se munir d’un vêtement de pluie et d’un sac poubelle, ce dernier étant particulièrement bienvenu pour poser son séant sur un sol détrempé.
Côté accessoires – pas si accessoires que cela – le chapeau pour tenir le choc de l’insolation est particulièrement recommandé. Un peu de fantaisie n’est pas interdite pour ajouter au folklore festivalier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A cela s’ajoute le planning des horaires (se méfier des changements de dernière minute), soigneusement analysé et barbouillé pour ne rater aucun des concerts incontournables, et qui finira certainement en lambeaux après un week-end de bons et loyaux services.

De plus en plus de monde utilise les fameux bouchons d’oreille jaune-orange fluo, distribué gratuitement à l’entrée, comme quoi la prévention finit par porter ses fruits. Le premier riff de guitare doublé d’une rafale de basses et de percus, qui font l’effet d’une grosse baffe dans la figure et qui vous retournent littéralement les tripes, en démontrent rapidement toute l’utilité.


Vendredi 22h – Stand de la fameuse boisson gazeuse

Sur le chemin de la plage, le DJ au stand de la boisson mondiale au cola égrène les tubes de Michael Jackson en forme d’hommage. Impossible de résister à un "Thriller" : des badauds se risquent à quelques pas de danse « à la Michael » (ou presque).

 

Vendredi 22h20 – Plage : Alela Diane, "amazing"

Alela Diane remarque que c’est « amazing » de jouer à côté de l’étang avec les loupiotes de l’autre rive qui se reflètent dans l’eau. Elle est venue le cheveu court et en famille, le « Dad » à la guitare et la « sister », un peu en touriste, au chant. La voix est magnifique, un peu dans le style de Dolores O'Riordan, la chanteuse des Cranberries, et les accents country aussi. Les « Tired feet » entendus sur France Inter font merveille, les hohohos ciselés du 2ème album s’écoulent comme un liquide pur et gracieux. Mais c’est peut-être un peu monotone sur la longueur.


Vendredi 23h10 – Grande scène : The Prodigy chauffés à blanc

Le clou de la soirée est sans conteste le groupe The Prodigy qui porte bien son nom. C’est dantesque. Qu’on l’aime ou pas, la musique type techno-punk, impossible de ne pas sentir l’énergie animale qui se dégage du blond décoloré et du grand noir américain. On se sent écrasé et emporté par la formidable masse musicale crachée dans les baffles de la grande scène.

 

Samedi 1h30 – Grande scène : les Ting Tings, c’est tentant

Autre affiche de la soirée, les Ting Tings. La chanteuse a même dit quelques mots en français, aidée d’une antisèche, bien au-delà des traditionnels « bonjour », « merci » et « je vous aime » qui forment l’essentiel du vocabulaire de la plupart des groupes étrangers. Honnêtement, on n’a pas tout compris avec l’accent mais l’effort valait d’être souligné. Pour le reste, de la patate, et à 2, ils sont aussi prolifiques qu’un orchestre grâce à l’utilisation de thèmes enregistrés et répétés.

Lire la suite des Eurockéennes, journée de samedi.

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