Transports publics et territoires ruraux : Hériva, « Mobilité » et les autres

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Transports publics et territoires ruraux : Hériva, « Mobilité » et les autres


Comment relier les territoires ruraux aux centres urbains et aux grands réseaux de transports collectifs ? Alors qu’une part croissante des populations ne peut se déplacer par ses propres moyens – les personnes âgées et/ou à mobilité réduite, les ménages sans voiture, etc. – les collectivités s’affairent à trouver les solutions les plus adaptées à un véritable problème de société doublé d’une question d’aménagement du territoire. Le Transport A la Demande, ou TAD, allie la souplesse et l'universalité des services dans des territoires peu propices aux solutions classiques.

 

Le TAD : un bon compromis

En matière de transports en commun, des corrélations quasi-mécaniques sont observées entre la taille du bassin de population desservi, la qualité (fréquence, prix, véhicule employé) et la visibilité du service, qui induisent elles-mêmes des coûts plus ou moins supportables pour les collectivités. Le TAD présente un bon compromis pour les territoires hors-agglomérations.

Sur le principe, le TAD fonctionne avec une plate-téléphonique de réservation qui permet d’actionner une flotte de véhicules dédiés pour des trajets reliant des arrêts plus ou moins prédéfinis.
 

L’exemple Optymo 

 Dans l’Aire urbaine, on connaissait déjà le TAD grâce au réseau Optymo qui permet, en complément des lignes suburbaines, de rabattre les habitants des territoires périphériques du Territoire de Belfort vers les bouts de lignes urbaines (par exemple Valdoie ou Offemont pour les habitants du Pays sous Vosgiens et de la Haute Savoureuse) : en savoir plus

A une autre échelle, le Pays de Montbéliard dispose également d’une forme de TAD complémentaire à son dense réseau de bus dénommée Buxiplus (en savoir plus).

 

Hériva sur les rails

Ces expériences ont été mises à profit par le Pays d’Héricourt qui bénéficiait d’une navette dans la ville centre mais manquait cruellement de solutions de transport en commun non seulement pour rallier la vingtaine de villages alentour mais aussi pour rejoindre le Pays de Montbéliard et Befort.

La Communauté de communes a donc missionné l’Agence d’urbanisme du Pays de Montbéliard pour évaluer les besoins et le SMTC (Syndicat des Transports du Territoire de Belfort) pour la mise en pratique.

Le nouveau système, baptisé Hériva, a été lancé le 1er avril 2010. Il associe une navette urbaine à heures fixes à l’intérieur d’Héricourt et un TAD qui couvre les 20 communes de la Communauté de communes avec 70 points d’arrêts potentiels. Après une simple inscription, les usagers peuvent appeler la veille d’un trajet au 0810 070 400 pour convenir des points de ramassage, de dépôt et des horaires. Ce système permet notamment de rejoindre le centre-ville d’Héricourt, sa Gare SNCF mais offre aussi une correspondance avec les bus d’Optymo (à Bavilliers ou Essert) et de la CTPM (au Mittan à Montbéliard). A noter qu’Hériva est accessible avec le Pass’Ok, titre de transport unique à 4,50 € pour l’ensemble des réseaux de transports de l’Aire urbaine (lien).

Après un mois et demi d’exploitation, Hériva a vendu 1 600 tickets à 2 € l’unité (1,5 € si acheté en carnet de 10), ce qui est considéré comme un bon début. Ce type de service doit en effet s’inscrire dans la durée pour être approprié par les usagers potentiels. Un travail de pédagogie en continu doit être effectué.

 

Plus d'infos sur Hériva : http://www.cc-pays-hericourt.fr/rubrique.php?id=13
Ci-dessous : reportage de France 3 au lancement du service Hériva.

 

 

La CC3C est de la partie

Dans la même veine qu’Hériva, la Communauté de communes des Trois Cantons expérimente son propre TAD. Avec la bénédiction du Conseil général du Doubs, le service baptisé « Mobilité » est exploité par la société VAD (Valeur Ajoutée au Déplacement) et permet des trajets pour le tarif unique de 4 euros dans un rayon de 15 km au-delà des limites des Trois Cantons de façon à pouvoir rejoindre notamment le Pays de Montbéliard.

S’il est concluant, ce système pourrait être étendu aux autres communes de la partie sud du Doubs, qui sont désormais les dernières à ne bénéficier d’aucune solution de transport : la Vallée du Rupt, le secteur de Pont de Roide (hormis Pont-de-Roide et son Rudibus (en savoir plus) et les Balcons du Lomont).
 
 
 
Rappelons en conclusion que le SMAU a inscrit le TAD parmi les axes du Contrat de pays, et qu’il a à ce titre participé au lancement d’Hériva. Il est fondamental pour la cohésion territoriale de l’Aire urbaine que chacun puisse se déplacer vers n’importe quel point du territoire par les transports en commun et donc de favoriser dans notre bassin de vie l'émergence d'un "transport pour tous".

 

 

Article publié le 08/06/2010

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