










En réalité, ce plan de desserte est au centre des discussions depuis que les travaux de la LGV ont commencé. Le Dossier d’Approbation Ministériel (DAM) de 2004 donnait déjà des orientations sur lesquelles se sont fondées la SNCF et tous les acteurs appelés à se prononcer sur le sujet.
Sur le modèle de concertation mis en place pour le TGV Est (Paris-Strasbourg), le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable a nommé deux médiateurs, Mme Marie-Line Maux et M. Claude Liebermann. Ils ont eu un an pour écouter, proposer et surtout arbitrer entre les desiderata pas toujours concordants de chacun : SNCF, Réseau Ferré de France (RFF) et collectivités territoriales qui ont fortement contribué au financement du projet (lire l'article sur ce sujet).
L’équilibre à construire doit ainsi se faire entre les problématiques d’aménagement des territoires défendues par les collectivités, les nécessités commerciales représentées par la SNCF et les contraintes techniques soulevées par RFF.
Il faut par ailleurs imaginer la complexité à insérer les nouvelles lignes TGV dans l’ensemble du trafic ferroviaire français. Comment faire de la place – dans le langage ferroviaire : « dégager des sillons » – pour le petit nouveau Rhin-Rhône et assurer des correspondances avec les autres grandes lignes ?
En effet, la LGV Rhin-Rhône est à la croisée de deux axes d’envergure européenne : un axe est-ouest de Paris vers la Suisse (elle-même ouvrant sur l'Italie et l'Europe centrale) ; un autre Lyon – Strasbourg qui est en fait un tronçon d’une voie allant de l’Allemagne à l’Espagne.
Pour que les francs-comtois descendent en 2011 sur les quais de la Gare de Lyon à Paris, il aura donc fallu impacter tout le trafic des trains jusqu’à Marseille, voire jusqu’à Francfort.
Après, sans aucun doute, quelques nuits blanches, nos deux médiateurs ont donc rendu leur copie.
Pour ce qui concerne les arrêts à la gare Belfort-Montbéliard – les temps de parcours approximatifs vers Paris (2h25) ou Dijon (50 minutes) étaient déjà connus. La surprise vient donc des fréquences journalières. Au total, 28 arrêts quotidiens sont programmés dans la nouvelle gare. Il y aura notamment 8 allers-retour par jour avec Paris ou encore 7 vers Dijon.
De nouvelles liaisons permettront de rejoindre directement Bâle, Zürich, Marne la Vallée et l’aéroport de Roissy, Lille ou Montpellier.

Schéma : Arrêts des trains en 2011 pour la desserte Nord-Sud
(le même type de schéma existe pour la desserte Est-Ouest)
Source : document de travail SNCF
Si une certaine satisfaction a globalement dominé, l’Association des Usagers des Transports de l’Aire urbaine (AUTAU) a immédiatement relevé que la connexion directe de Belfort-Montbéliard avec Lyon ou Strasbourg serait en demi-teinte. En effet, il n’y aurait pas plus de liaisons qu’actuellement (5) et les horaires prévus laisseraient peu de souplesse pour des allers-retours sans correspondances dans la journée (pas de trains entre 7h33 et 12h33 à destination de Lyon - ci-dessous sont téléchargeables les horaires prévisionnels pour Belfort-Montbéliard).
Une question persistante est aussi de savoir si le train Francfort-Marseille s’arrêtera dans l’Aire urbaine.
A noter que les dessertes sont de toutes façons appelées à évoluer puisqu’une montée en charge jusqu’en 2014 est déjà anticipée en fonction des résultats. La SNCF se veut prudente sur les liaisons province – province qui font justement l’originalité de la LGV Rhin-Rhône. Le taux de remplissage des trains décidera in fine en grande partie de l’offre.
Ces considérations sur la fréquence des dessertes ne relèvent pas du chauvinisme local. Elles sont à mettre en rapport avec le poids économique et démographique de l’Aire urbaine dans l’Axe Rhin Rhône : 307 000 habitants et un pôle industriel de premier ordre. Certaines entreprises comme Faurecia et PSA ont des relations intenses avec l’Allemagne ou le sud de l’Europe. La consolidation de la Gare TGV devra faire l'objet d'une vigilance permanente visant à intensifier les flux "voyageurs", et parallèlement "fret", de et vers notre bassin de vie. Ce n’est qu’à cette condition que le TGV se révèlera un véritable outil de prospection économique.
Mis en ligne le 01/03/2010
A télécharger ci-dessous : la grille horaire prévisionnelle pour Belfort-Montbéliard en 2011