L'Aire urbaine... existe

Imprimer la page

L'Aire urbaine... existe


Répondant à des propos polémiques parus dans la presse locale, Pierre MOSCOVICI fait une mise au point sur le rôle de l'Aire urbaine dans le quotidien de ses habitants et sur l'intérêt, pour les collectivités, d'une réorganisation institutionnelle qui prenne pleinement en compte cette échelle de travail.

 

Extraits du courrier adressé au Pays et à l'Est Républicain le 11/02/2011

«

Il y a 3 temps dans l’action politique. Celui du quotidien que nous assurons par la qualité des services publics de nos collectivités rendus aux usagers. Celui des projets à l’échelle du mandat qui se traduisent par exemple dans le projet d’agglomération de Pays de Montbéliard Agglomération. Et celui de la réflexion stratégique de long terme dans laquelle l’Aire urbaine a toute sa place et le SMAU un rôle évident à jouer.

C’est à cette dernière échelle – 3 décennies d’aventure collective depuis 1984 – qu’il faut mesurer ce qu’a représenté l’Aire urbaine dans l’évolution de notre territoire : le TGV Rhin-Rhône, imaginé dans les années 80, arrive en 2011. Et encore, il faudra rester vigilant pour l’achèvement de la 2ème tranche. Le centre hospitalier a fusionné les 2 pôles belfortain et montbéliardais il y a 10 ans tandis que le site médian est attendu pour 2014-2015. La mise à niveau de nos infrastructures et connexions routières (A36 à 2x3 voies, RN 19 à 2x2 voies, connexion avec la Transjuranne suisse en 2014) se situe sur la même échelle de temps.

Ces utopies concrètes (au sens où elles paraissent lointaines, inaccessibles au moment où elles sont formulées) résultent à la fois d’une volonté politique et d’un long processus de maturation, de concertation, dont le SMAU est un lieu privilégié. Ce, d’autant plus que l’histoire administrative nous a légué un territoire particulièrement enchevêtré du point de vue institutionnel. C’est justement pour dépasser cet état absurde par rapport à la configuration de nos agglomérations quasi continues (moins de 15 km de centre à centre entre Belfort et Montbéliard) que les élus se sont fixés comme objectif la création d’une communauté d’agglomération unique. Renversons une fois pour toute la perspective : nous avons un destin convergent et nos « incessantes querelles » résultent de périmètres et d’institutions, dont l’inadéquation avec la réalité de notre bassin de vie se reflète jusque dans les statistiques nationales (cf. notre courrier à l’INSEE du 28/01/2011). Cette situation explique sans doute que tous les Maires et/ou Présidents des principales collectivités de l’Aire urbaine, malgré des divergences d’approche et des postures différentes, acceptent au minimum le dialogue, et envisagent globalement notre avenir collectif avec volonté.
 
En tout état de cause, le repli sur soi serait suicidaire car si nous ne réalisons pas nous-mêmes une Aire urbaine à notre image, d’autres nous l’imposeront ou la feront à notre place. Le processus est déjà en cours : il n’y a qu’à observer la restructuration progressive des services de l’Etat, constater la convergence des mouvements associatifs (Belfort Montbéliard Handball), religieux (diocèse Belfort-Montbéliard), culturels (les nouveaux festivals se déploient d’emblée dans toute l’Aire urbaine) ou suivre les flux du tissu économique local (les représentants des entreprises réunis dans le cercle TGV Belfort-Montbéliard ont adopté cette échelle de travail avec un naturel déconcertant). Bref, je suis sidéré qu’un élu puisse sérieusement soutenir que l’Aire urbaine n’existe ni dans la pratique des collectivités, ni dans les esprits de nos concitoyens qui sont les premiers à nous réclamer de voir plus loin que nos circonscriptions électorales.

Le SMAU, en tant qu’institution, n’a d’intérêt qu’à travers l’engagement des collectivités qui la composent, ce qui suppose, pour aboutir à des formes de consensus, du temps, des discussions franches et un courage politique s’affranchissant des égoïsmes de clochers.
Pour qui connaît un peu le fonctionnement de nos collectivités, cela nécessite aussi un cadre politique resserré, souple et régulier. C’est pourquoi le Comité syndical a confié en octobre 2010 d’importantes délégations au Bureau, qui rassemble les principaux élus des collectivités membres, lui donnant un vrai pouvoir de décision. En conséquence, le Bureau a doublé le rythme moyen de ses réunions (désormais environ 1 par mois). En revanche, le nombre de Comités syndicaux, en moyenne de 3-4 par an depuis la création du SMAU, ne va pas beaucoup changer étant donné les obligations liées aux différentes étapes du budget et aux différentes élections (élections cantonales, présidence tournante du SMAU). Le Comité syndical est évidemment systématiquement informé des discussions du Bureau et ses membres ont toute leur place dans les cercles de réflexion qui se mettent en place actuellement. Enfin, le SMAU, en tant qu’administration, ne compte que 4 agents, et représente une infime partie des budgets de nos collectivités. Le rapport investissement/service public rendu est largement à l’avantage de notre territoire tant le SMAU est garant des équilibres entre toutes les composantes, urbaines et rurales, intercommunalités ou collectivités isolées.

»


Mis en ligne le 14/02/2011

< retour

Aller en haut de la page

Ce site a été créé avec la participation du FEDER, du FNADT et de la région Franche-Comté Créé par Activis