










Les enquêtes annuelles de conjoncture « économie et emploi » sont réalisées grâce à un vaste réseau partenarial autour des Maisons de l’emploi (MDE) et leur Observatoire de l’Aire urbaine, de l’Agence d’Urbanisme du Pays de Montbéliard (ADU) et des Chambres de commerce et d’industrie, avec le soutien du Syndicat mixte de l’Aire urbaine (SMAU). Elles consistent à interroger un échantillon de chefs d’entreprise (440 en 2011) sur l’évolution de leur activité et de leurs effectifs, en termes quantitatifs et qualitatifs.
Les chiffres présentés par l’ADU et les MDE du Pays de Montbéliard et du Territoire de Belfort sont issus de la dernière enquête menée en mai 2011. La tendance plutôt positive constatée à la fin du 1er semestre (surtout en comparaison avec l’enquête de 2010) a donc dû être nuancée compte tenu des évènements estivaux. Même si, comme le souligne le Président des experts-comptables de l’Aire urbaine invité à commenter l’actualité, il est encore trop tôt pour enregistrer un véritable impact sur l’activité des entreprises locales. Il reste que des anticipations mitigées incitent mécaniquement à la prudence en termes d’investissements et d’embauches.
L’enquête donne des indications structurelles intéressantes sur l’appréciation du territoire par les entreprises : dans les atouts indiscutables, la présence de grands donneurs d’ordre et le positionnement géographique à un carrefour européen sont cités ; dans les faiblesses, un marché local insuffisant (notamment une consommation intérieure limitée liée au niveau de vie modeste des ménages) et une notoriété insuffisante sont déplorés.
Au regard de ces faiblesses, 61 % des chefs d'entreprises interrogés pensent qu’un rapprochement entre les deux agglomérations de Belfort et Montbéliard aurait un impact positif. Les entreprises nouvellement implantées soulignent qu’elles ont été très bien accueillies avec une bonne coordination entre les structures publiques ou parapubliques. D’un autre côté, la réduction et la concentration des interlocuteurs est un gage d’efficacité et d’émergence de projets plus ambitieux, notamment pour le secteur du BTP. En tous les cas, le monde économique est en droite ligne avec les positions défendues par les élus du SMAU en faveur d’une entité institutionnelle Aire urbaine unique (voir notamment le séminaire de nov. 2009).

Les interventions de 4 représentants d’entreprises locales emblématiques (Axilab, Assytem, Climent et Delfingen) ont permis de mieux cerner les facteurs décisifs pour le soutien de l’activité économique.
L’arrivée de la gare TGV, qui, avec l’autoroute suisse et son prolongement par la RN 19, achève le désenclavement de l’Aire urbaine, apparaît comme une opportunité nouvelle quoique porteuse également de risques de « siphonage » du territoire. Par extension, sont ainsi liées dans une même spirale (positive ou négative) les problématiques de qualité/qualification de la main d’œuvre, de formation universitaire et professionnelle, de préservation des savoirs-faires, de développement de projets d’entreprise motivants pour les salariés, d’actions concertées des acteurs publics et privés, et enfin d’attractivité du territoire.
Alain Aubert, Président de l’ADU, a ainsi proposé d’associer systématiquement approches culturelle et professionnelle, tant, par exemple, l’existence de grands festivals sur le territoire paraît déterminante pour « faire rêver » et fixer les jeunes diplômés. 
En conclusion, Denis Sommer, représentant du SMAU, a lancé quelques messages forts sur la volonté politique de faire l’Aire urbaine, sur la nécessité de « chasser groupé » à l’international et sur le besoin de « donner de la perspective » au territoire. Un projet lisible, compris par la population, autour d’un « écosystème transport-énergie » est selon lui le préalable à cette dynamique. Il a enfin appelé les entreprises à exploiter les dispositifs existants en faveur de l’apprentissage alors que le désintéressement des jeunes pour les filières techniques pourrait devenir un sérieux handicap.
Un point commun à tous les intervenants : ils se sont réjouis que ce type d’étude soit établi d’emblée à l’échelle de l’Aire urbaine, et donc à celle du bassin de vie. Les prochaines éditions de l’enquête seront sans doute facilitées par la décision de l’INSEE en juillet 2011 de créer une seule zone d’emploi Belfort-Montbéliard-Héricourt.
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Crédit photo : CCI Belfort
Article publié le 21/09/2011