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Eurockénnes 2009 : ambiance, souvenirs, photos et tipps* (suite et fin)

Suite et fin des temps forts des Eurockéennes 2009 pour la journée de dimanche.

*un "tipps" = "conseils, trucs et astuces"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Dimanche : un rayon de soleil sur une foule bigarrée et, en bas à gauche, un des musiciens de Tinariwen.

Dimanche – ambiance nonchalante
Dans le bus, un luxembourgeois explique à des belfortains amusés que les Eurockéennes sont le plus beau festival d’Europe. C’est toujours bon à prendre.
L’ambiance est insensiblement différente des jours précédents. La fatigue commence sérieusement à se faire sentir. La nonchalance l’emporte petit à petit et on voit de plus en plus de gens se taper une bonne sieste au milieu du brouhaha. Paradoxalement, des petites bulles d’intimité se construisent, investissant des lieux parfois insolites, et dans des postures éventuellement surprenantes. On vient comme en vacances, souvent en petit groupe, se fondre dans la marée humaine le temps d’un concert tout en affirmant ponctuellement sa singularité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 16h – Grande Scène : Rodrigo y Gabriela, les frénétiques de la guitare
La dernière et ultime journée commence par une sensation inédite : 2 guitares sèches qui mettent le feu à la grande scène. Oubliez les gratouillis de vos amis soi-disant « guitaristes », et partez aux limites acoustiques et musicales de l’instrument, en toute simplicité, avec 2 musiciens mexicains qui ne pipent pas un mot mais vous embarquent chaleureusement dans leurs compositions et reprises sur des rythmes flamenco et rock. « Rythme » est le mot juste puisque Gabriela assure aussi les percussions sur le tablier de sa guitare tout ne grattant frénétiquement ses cordes. Rodrigo fait dans la virtuosité technique et dans le pinçage classique. Très impressionnant et totalement décalé !

Dimanche 17h15 – Conférence de presse bilan
Après un détour par Glasvegas (bof bof bof), c’est la conférence de presse bilan qui a été nettement avancée par rapport à l’horaire prévu. Sur le podium, on retrouve les acteurs principaux de l’évènement, à commencer par Stéphane Wahnich et Jean-Paul Rolland, respectivement Président (partant) et Directeur de Territoire de Musiques, l’association organisatrice du festival. Egalement, les 2 programmateurs, Kem et Christian, et Yves Ackermann, Président du Conseil général du Territoire de Belfort, créateur et principal financeur des Eurockéennes.
La satisfaction est visible puisque la fréquentation a été largement au-delà des attentes, dont 2 jours complets sur 3, et la qualité générale du festival est intacte. L’affaire Live Nation (cette multinationale américaine du divertissement à qui certains prêtent l’intention d’écraser le marché français du live à coups de dollars) fait encore beaucoup jaser alors que tout le monde se défend d’avoir voulu créer la polémique ni de se positionner comme un concurrent direct. Il reste qu’encore cette année, les Eurockéennes tiennent la dragée haute au Main Square Festival d’Arras et à sa volée de têtes d’affiche. Stéphane Wahnich souligne le travail de fond pour concevoir un « objet culturel » opérant toute l’année, et pas seulement l’espace d’un week-end, cohérent et reconnu comme légitime par son public. L’idée est de ne pas faire du « vu à la télé » mais bien une programmation à la fois accessible, pointue et tournée vers la découverte. « Les festivaliers doivent avoir du goût », conclu-t-il !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De gauche à droite : Christian et Kem, Stéphane Wahnich, Yves Ackermann, Jean-Paul Rolland, Sylvie chauchoy-Becle,...

Dimanche 18h – Grande scène : caricature ?
Les métalleux sont de sortie en attendant Sklipnot plus tard dans la soirée. Gojira frôle le ridicule en crachant un « Allez Belfort, tout le monde se lâche » en français dans le texte, au milieu des hurlements vaguement anglo-saxons propres au genre. La caricature n’est jamais loin dans le métal mais la langue française en ôte le restant de crédibilité. Sans parler du squelette plutôt folklorique en fond de scène…

Tipps – Maison de l’environnement
(dissimulée derrière la verdure sur la photo ci-contre)
Rappelons qu’en temps normal le Malsaucy est un espace naturel protégé au centre duquel est ouvert la plus grande partie de l’année la Maison de l’environnement (MDE) du Territoire de Belfort. Tant qu’à être « assiégée » par le festival, la MDE en est devenue une partie intégrante et propose différentes actions (autour de la biodiversité cette année). Elle a joué un grand rôle dans la prise en compte croissante des déchets. Les chaises longues et le calme à l’intérieur sont également hautement recommandables.

Dimanche 18h30 – Plage : Invincible & Finale
Pour entamer une petite session hip hop, Invincible et Finale venu tout droit du rap américain avec une petite bonne femme bourrée d’énergie et un flow agréable, est parfait.

Dimanche 18h50 – Chapiteau : l’autre moitié de NTM
Mos Def est remplacé « pour raison familiale » par Kool Shen qui lui-même avait été remplacé en tant que NTM par Cypress Hill le vendredi. Lord Kossity est son comparse du jour à la place de Joey Starr qui a une excuse imparable : il est resté en prison. Une petite ovation au passage pour ce dernier avant de rentrer dans le vif du sujet du concert et un sens toujours intact de la phrase qui rebondit et qui fait mouche. C’est du rap qui balance, qui donne envie de bouger. Ca tourne à l’énergie et à l’outrance. Estimant que le public n’est pas assez « réactif » malgré les retours de flamme massifs à chacun de ses appels, Kool Shen abat la punition ultime : un bout de « besoin de rien, envie de toi » (Peter et Sloane en 1984).
Kool Shen toujours dans tempo 20 ans après !

Tipps – Scène du Chapiteau, ouverte à tous les vents
Le chapiteau est probablement la scène la plus agréable des Eurockéennes, et souvent celles où on trouve les meilleurs concerts (cette année Oxmo Puccino, Tricky, Peter Doherty, Charlie Winston,…). Le toit a 2 avantages : protection contre la pluie et meilleure réverbération du son. Quand le public hurle son amour à l’artiste, il s’entend très bien. Par ailleurs, étant ouvert de tous les côtés, il y a généralement toujours moyen de se faufiler pour être à une place convenable même en arrivant au milieu du concert.

Dimanche 19h50 – Plage/ Grande scène : Sliimy / Phoenix, sans plus…
Sliimy, le phénomène, une dégaine inimitable, et une petite voix haute perchée sur des sonorités pop acidulées. Peut-être encore un peu vert… comme l’un de ses 2 gants (l’autre étant rouge). Il paraît que Phoenix est une référence. Admettons.

Dimanche 21h – Plage : Hors cadre avec Tinariwen
Après avoir raté Staff Benda Bilili, groupe congolais composé uniquement de paraplégiques pour cause de poliomyélite, dont le concert était bêtement placé en même temps que la conférence de presse bilan, un détour s’imposait par l’autre curiosité africaine du jour, à savoir Tinariwen, sorte de bluesmen du désert en grande tenue bédouine. Les instruments ne sont pas originaux (guitares électriques, djembés) mais la façon d’en tirer des mélopées sur fond de chant polyphonique, est, elle, très dépaysante comme une belle métaphore des immensités arides.

Tipps – Scène de la Plage : à découvrir les pieds dans le sable
La scène de la Plage est sans conteste la plus pittoresque du site mais aussi l’une des plus difficilement accessible par grande foule, les gens ayant tendance à s’agréger au niveau du goulet qui permet d’y descendre, alors qu’il reste souvent largement de place sur le sable. Cela vaut donc la peine de jouer un peu des coudes pour franchir le passage difficile.


Dimanche 21h15 – Chapiteau : Charlie Winston, le « hobo » magnifique
Ce n’est pas sans une certaine méfiance que l’on va écouter un artiste dont le tube a été transformé en une grande tarte à la crème radiophonique (« Like a hobo » pour ceux qui viendraient d’une autre planète). Et pourtant le garçon assure sur scène, sur un rythme plus rock que ne le laisse présager la version album, le tout avec le sourire sous l’éternel chapeau, doublé d’une superbe aisance et d’une chaleur communicative, sur fond de public particulièrement enfiévré. Il fait la beatbox humaine comme un dieu, il se trémousse complètement euphorique et s’offre un rappel de folie scandé à tue-tête par la foule sur le thème du hobo précédemment vilipendé. Enfin, et ça fait toujours plaisir, il remercie le public en soulignant que ce soir était un grand jour !

Tipps – Théorie des flux et des mélanges
La convergence d’hommes et de femmes de tout milieu et de tout âge immerge les participants des Eurockéennes dans un microcosme parfois surprenant, toujours vivifiant, un concentré d’êtres humains qui relève parfois, il faut bien l’avouer, du bestiaire. De loin, les mouvements de foules font penser à une fourmillère. Les flux et reflux s’écoulent d’un point à l’autre du site, notamment entre le Chapiteau et la Grande scène, avec ce qu’il faut d’impulsions aléatoires, dans une direction ou dans l’autre, avec des vides et des pleins, des strates de consistance humaine différente, des chenilles qui se tiennent la main pour ne pas se perdre, des sortes de termites qui essaient de se frayer un chemin dans les milieux les plus denses, et des regards perdus, des regards qui cherchent un visage connu, des regards émerveillés de ce qu’ils voient (et entendent).
Il arrive parfois de croiser des personnes dont l’état général ne laisse aucun doute sur leurs divers excès : le festival assume aussi une fonction de décompression, dont évidemment certains abusent…
Néanmoins, toutes les rencontres sont amicales, les rapports chaleureux et l’ambiance générale empreinte d’ardeur musicale matinée d’une certaine indolence qui caractérise si bien ce genre de rassemblement.

Dimanche 22h30 – Grande scène : Sklipnot, spectacle total
La plupart des festivaliers est venue voir la bête. La plaine devant la grande scène est pleine à ras-bord. Ce groupe de métal fait dans le cauchemar grand-guignolesque et apocalyptique. Au moins, ils ne font pas semblant…

Dimanche 23h – Plage : Just Jack, pour finir...
Le contraste est assez radical sur la plage, et l’ambiance nettement plus festive, avec une sorte de pop / hiphop développé par Just Jack qui fait un gros effort pour expliquer et articuler ses textes en espérant que le public en comprenne l'essence. Eux sont contents d’être là et le font savoir, presqu’étonnés d’avoir été invités et d’avoir assisté avant au concert de leur groupe préféré (Phoenix). Très plaisant.

Ce sera pour le journaliste qui vous parle les dernières notes – positives – de cette édition 2009. Plus qu’à rentrer (et à dormir). Et à l’année prochaine avec, semble-t-il, un nouvel effort de création, autour notamment de Sophie Hunger qui était présente sous le Chapiteau, samedi, à 16h15.

(Photo : navette bus)

Article publié le 09/07/09

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