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Sophie Kordylas > Humaniste
Comédienne et metteur en scène associé du prochain spectacle de la compagnie, la Cotonnière, Sophie Kordylas défend l’idée d’un théâtre accessible à tous.
« Être comédien, c’est être capable de garder une simplicité et une certaine modestie et rester à l’écoute des autres ». Sophie le démontre à travers les spectacles qu’elle joue depuis 4 ans avec la Cotonnière. Dans le nouveau spectacle de la compagnie héricourtoise sur la mémoire ouvrière textile locale, « Il y avait 16 cheminées », elle va ainsi se plonger dans des morceaux de vie de tisserandes. Les six comédiens qui l’accompagnent, y incarneront en quelque sorte « des passeurs de mots et de vie ». Bercée par le théâtre durant toute son enfance, Sophie Kordylas a trouvé sa vocation dès l’âge de 12 ans, en regardant évoluer son père sur les planches du château de Joux à côté de Pontarlier. Depuis sa formation littéraire et ses études théâtrales à Paris, elle ne quittera jamais plus le monde de la comédie. Pour elle, monter sur scène constitue un acte incroyable, dont le but est d’émouvoir. Sa rencontre décisive en 2000 avec Gilles Defacques, directeur du Prato à Lille, lors d’une restitution de stage professionnel au théâtre Granit, la confortera dans l’idée qu’elle a de l’investissement de l’acteur et dans l’envie de transmettre sa passion. Elle anime aujourd’hui des ateliers de réalisation théâtrale pour enfants à Héricourt, à Pontarlier et à Lure. « Tout le monde peut faire du théâtre, je veux trouver en chacun cette petite flamme ». Elle travaille beaucoup sur des textes d’auteurs contemporains, comme P. Minyana, X. Durringer ou J.M. Ribes qui bousculent les conventions et conduisent à une réflexion sur les cruautés du monde, mais toujours teintée d’humour. Sophie souligne aussi la difficulté pour les petites compagnies de trouver une place dans le milieu culturel et d’y obtenir des soutiens financiers. « Il ne faut pas que le théâtre s’embourgeoise, il doit être accessible à tous aussi bien en milieu urbain que rural. Le principal, c’est donner du bonheur ainsi qu’une certaine humanité ». Tel est l’enjeu du spectacle sur la mémoire ouvrière, qui devrait avoir lieu sur le site de la dernière usine textile d’Héricourt, les 29 et 30 avril, avec pour ambition, de trouver une diffusion régionale. (article paru dans Atmosphère 38 - hiver 2005)
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