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Assises régionales du numérique : la tac-TIC franc-comtoise
Les assises régionales du numérique du 26 mai dernier qui se sont tenues à Besançon à l’initiative de la Région et de Numérica, ont eu pour principale vertu de faire un état des lieux de la filière TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) en Franche-Comté.
Encourageants mais pas encore totalement satisfaisants, les constats opérés appellent à plus d’ambition de la part des pouvoirs publics. Deux objectifs : développer le plus rapidement possible les réseaux d’infrastructures et insuffler dans la population comme dans le tissu économique une véritable culture du numérique.
Pour qui ne serait pas familier des TIC, ce secteur regroupe les activités liées à l’informatique, aux télécommunications et à internet. Ce dernier est absolument indissociable de tous les développements actuels puisqu’il est autant support, outil et moyen de communication. Autrement dit, aujourd’hui, la connexion internet n’est plus une extension mais un élément constitutif de tout poste informatique professionnel. Les leviers de l’action publique Dans le domaine des TIC, l’implication des pouvoirs publics est, de l’avis général, déterminante. Ils peuvent agir sur 4 leviers dont le premier apparaît comme un préalable. - les infrastructures, - les équipements, - le développement des usages, - l’accompagnement économique. Le tout mobilise naturellement des fonds importants mais qu'il faudrait relativiser considérant qu'avec le prix d'un seul mètre carré d'autoroute, on peut tirer plusieurs centaines de mètres de fibre optique... Internet = un service universel ? Les différents territoires ont pris le problème à bras le corps tout en s’interrogeant sur le rôle de l’Etat dans le déploiement des réseaux haut débit. Ce dernier n’intervient plus directement puisque l’ensemble du secteur a été confié au secteur marchand depuis la privatisation de France Télécom, mais reconnaît néanmoins que le jeu de la concurrence ne suffit pas à amener le haut débit jusque dans les zones les plus reculées. Il incite donc par divers biais (légaux, fiscaux, subventions) les collectivités locales à intervenir dans ce domaine. Au fond, la question est de savoir si l’accès à internet peut s’apparenter à un « service universel » alors que s’impose le parallèle avec le déploiement des réseaux d’électricité et de téléphone au milieu du XXè siècle. Les maires de communes rurales semblent en tous cas en être convaincus. Ils n’ont sans doute pas tort dans le sens où l’Etat lui-même pousse à la dématérialisation des services publics. Dans ces conditions, est-il encore envisageable qu’une mairie ne dispose pas d’une adresse mail ? Hiérarchiser les priorités Les projets menés par les différentes collectivités en Franche-Comté montrent la volonté de prendre en compte deux aspects : réduire les « zones blanches » (non couvertes en haut débit) et fournir un débit adapté aux acteurs qui en ont un besoin vital, à savoir notamment les entreprises. Autrement dit, il s’agit d’utiliser toutes les technologies existantes, notamment hertziennes, pour atteindre partout un débit minimum que l’ADSL ne peut garantir au-delà d’une certaine distance du NRA (central téléphonique), et d’étendre progressivement les connexions en fibre optique en commençant par les zones d’activités ; l’idéal à atteindre à un horizon décennal étant le FTTH (fibre optique jusque chez l’habitant). 
Carte : détail de la couverture ADSL autour de Belfort - Source : DRE, Préfecture FC, CETE. Carte intégrale consultable à l'adresse : http://cartelie.application.equipement.gouv.fr/cartelie/voir.do?carte=typ9a1vbky&service=CETE_Ouest Il faut cependant s’entendre sur ce débit minimum. Un frisson de doute parcourt l’assemblée à l’affirmation que 98 % de la population régionale serait couverte par le haut débit (données France Télécom). Le seuil utilisé de 512 Kbits/s en ADSL est en effet notoirement insuffisant pour surfer confortablement sur internet. Il est d’autant plus dépassé que le débit réel doit souvent être ramené aux 2/3 du débit affiché et que cela concerne uniquement le débit descendant (les flux que l’on reçoit). Le débit montant est dans tous les cas nettement plus faible, d’où le « A » de ADSL, pour « Asymétrique ». Sans compter la saturation des lignes aux heures de pointe qui ralentissent encore les connexions… Et la BLHD Aire urbaine ? S’il n’est pas le plus avancé, le projet de Boucle locale haut débit Aire urbaine (BLHD) est, avec celui du Jura (déjà activé), le plus complet et le plus cohérent. Le seuil minimum de 2 Mbits/s, la couverture de 100 % des foyers et la connexion en très haut débit (100 Mbits/s) des principales têtes de pont locales (zones d’activités, équipements publics) s’inscrivent parfaitement dans une logique d’aménagement équilibré du territoire et dans la lutte contre les fractures numériques. Malgré la complexité de sa mise en œuvre, la forme juridique choisie, une « délégation de service publique » (DSP), ressort de la même volonté de concilier le réalisme économique et la péréquation entre territoires voulue par les collectivités rurales, périurbaines et urbaines qui font la diversité de l’Aire urbaine. L’émergence difficile d’un secteur TIC Reste à exploiter les infrastructures une fois construites. Contrairement à une idée reçue, le taux d’internautes en Franche-Comté est plutôt moyen que bas (autour de 63 %). En revanche, le secteur des TIC dans l’économie est clairement à la traîne : 2,2 % des effectifs salariés sont rattachés à ce domaine contre 5 % en France. Ceci est dommageable à plusieurs niveaux : - d’abord parce que ce secteur est très nettement le plus dynamique pour la création de nouvelles activités et d’emplois depuis plusieurs années en France, - ensuite parce que cela révèle la relative pusillanimité des entreprises franc-comtoises envers l’innovation au sens large, - enfin parce que paradoxalement la Franche-Comté, et tout particulièrement l’Aire urbaine, disposent d’excellentes formations dans les domaines de l’ingénierie informatique et du multimédia. En clair, les jeunes diplômés vont exprimer leurs compétences ailleurs… Par ailleurs, les entreprises de services TIC ont besoin de marchés de taille suffisante. De façon révélatrice, la filière TIC franc-comtoise fait souvent plus de 80 % de son chiffre d’affaire hors Franche-Comté. Il faut donc enclencher une dynamique auprès des clients potentiels, les amener à considérer tous les avantages et les innovations tirées d’une intégration numérique plus avancée. Concrètement, les « consommateurs » de ces services TIC sont toutes les entreprises quelles qu’elles soient, les particuliers, mais aussi les collectivités. Le rôle des collectivités territoriales Les collectivités doivent montrer l’exemple. La Région Franche-Comté a ainsi été la première en France il y a 5 ans à donner accès à des formations professionnelles en ligne. Les collectivités et leurs émanations ont aussi un rôle d’aiguillon et d’organisateur de filière. La SEM Numérica à laquelle participe notamment la Communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard, le Conseil général du Doubs et la Région, se présente comme « un hôtel d’entreprises numériques, un lieu de construction de projet avec l’UFC, l’UTBM et divers laboratoires, et un instrument de vulgarisation, de valorisation du numérique à l’attention des entreprise » selon Denis SOMMER, son Président. En résumé : incubation de projets, animation de réseau et convergence des compétences. Ce tout jeune équipement (ouvert en 2006) localisé à Montbéliard n’a cependant pas encore atteint le rayonnement régional espéré. D’autres organismes ont un rôle à jouer dans la structuration du secteur comme l’association Franche-Comté Interactive (FCI - http://www.fc-interactive.org) et Jur@tic, qui fédèrent les professionnels de la filière TIC, ou l’Institut Pierre Vernier (IPV - http://www.institut-vernier.fr) centré sur l’innovation et le transfert de technologies. Enfin, en arrière-plan, les pôles de compétitivité comme le pôle Véhicule du futur ont toute leur pertinence dans le débat. Au niveau de l’Aire urbaine, le SMAU a pris la mesure des enjeux avec la nécessité d’un accompagnement volontariste du développement des usages en Franche-Comté à destination des particuliers, des collectivités et des entreprises. Cette réflexion a toujours été conçue comme le prolongement naturel de la réalisation de la BLHD depuis les premières études au début des années 2000.

Pour mémoire la journée fera l’objet d’Actes et se déroulait comme suit : Introduction par Joseph PARRENIN (1er Vice-président de la région Franche-Comté) Module 1 – La filière numérique en Franche-Comté : qui est-elle ? que veut-elle ? comment l’accompagner ? - Etat des lieux de la filière - Accompagnement de la filière Module 2 – Les TIC dans l’action publique : quelle couverture haut débit ? quels usages ? - Intervention vidéo de Marie-Guite DUFAY (Président de la Région Franche-Comté) - Etat des lieux de la couverture haut débit - Quelle intervention possible des pouvoirs publics ? Module 3 – Les TIC : quels gains pour l’entreprise ? - Intervention de Denis SOMMER (Vice-président de la Région Franche-Comté) - Visioconférence en trois points Clôture Article publié le 28/05/2009
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