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Yvan Etienne
Artiste, organisateur, programmateur, telles sont les multiples facettes d’Yvan Etienne, le nouveau responsable de l’Espace Multimédia Gantner à Bourogne depuis octobre 2004.
Atmosphère : Quel a été votre parcours ? Yvan Etienne : J’ai fait mes études aux Beaux–Arts de Besançon, ville dans laquelle j’ai fondé, il y a 10 ans, Erratum musical et il y a 4 ans une association autour de l’art intermédia « W ». Nous travaillons autour des pratiques à l'intersection des arts, du cinéma, des arts sonores, des arts du mouvement, de la poésie... C’est d’ailleurs par le biais de cette association que j’ai rencontré mon prédécesseur, Jean-Damien Collin, qui nous a accueilli à l’Espace Multimédia Gantner en 2004 pour le festival consacré aux arts sonores : “OH CET ECHO“. J’interviens également au Quai, l'École d'Art de Mulhouse où j'anime l'atelier de plastique sonore. A : Rappelez-nous quelle est la vocation de l’Espace Multimédia Gantner ? Y.E. : C'est un espace culturel multimédia dont la vocation première est de faire connaître et d'initier par le biais du fond documentaire, des ateliers artistiques, des expositions et des éditions, les pratiques artistiques contemporaines. L'accès aux nouveaux médias est l'un de nos enjeux fondamentaux, nous avons à disposition une bibliothèque consacrée aux arts et aux technologies contemporaines (Plus de 2000 documents). Nous dispensons aussi des ateliers tout public et des ateliers pour enfants autour de différentes thématiques (initiation Internet, musique assistée par ordinateur, ateliers 3D…), dont le but est de faire découvrir les multiples fonctionnalités et richesses des outils multimédias. A : Cette culture multimédia ne revêt-elle pas un caractère élitiste ? Y.E. : Notre volonté est de démystifier cette culture. Les cultures numériques sont omniprésentes dans notre quotidien et nous souhaitons les rendre accessibles au plus grand nombre. De plus, notre rôle au sein de la Médiathèque départementale va dans ce sens. Notre zone d’action et les différents publics que nous touchons prouvent que ce partage du savoir se fait à plusieurs niveaux. A : La ligne directrice est-elle la même ? Y.E. : Nous allons renforcer le travail déjà réalisé depuis 2001 et nous allons développer d’autres spécificités. Avec Bertrand Gauguet, musicien et historien de l’art, nous travaillons à faire connaître la collection d’art contemporain sur supports numériques, renforcer la programmation des expositions et des pratiques sonores contemporaines (Musiques électroniques et expérimentales, audio-art, poésie sonore...). Enfin, Jean-Damien Collin qui a défini le projet culturel et artistique actuel est aujourd’hui directeur du développement culturel au sein du Conseil général du Territoire de Belfort, ce qui est une garantie de la continuité de l’action que nous menons. A : Quel est votre cheval de bataille ?
Y. E. : C’est le même que depuis 3 ans. Car ce qui me tient à cœur c’est défendre et faire connaître les pratiques numériques à l’intersection des différents domaines de l’art, par le biais notamment de la bibliothèque, du fond documentaire, des expositions ou encore des conférences. Mais c’est également faire venir des artistes, tisser des liens avec les écoles comme l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard ou les écoles d’art de la région ainsi qu’avec les collèges. L’espace Multimédia Gantner est un lieu d’art et de formation, c’est indissociable. A : Est-ce que l’art multimédia est mal défini aujourd’hui ? Y.E. : Je pense que l’art multimédia est une continuité des anciennes formes d’art, il n’y a pas vraiment de rupture. Ce n’est ni un art à part entière, ni l’art de demain. Les arts numériques ne peuvent pas être séparés des autres formes d’art. Aujourd’hui, sur la scène artistique, il existe une bipolarité, un dualisme entre l’art traditionnel et l’art numérique, mais je pense qu’il faut tracer un chemin entre les deux. A : L’Espace Multimédia Gantner a-t-il trouvé sa place dans la région et en France ? Y.E. : Ce lieu est unique en France, notre objectif est de le faire connaître encore plus aux niveaux, régional, national et international. Au niveau régional, nous souhaitons renforcer les contacts avec les différentes structures. Nous travaillons déjà avec l’école d’art Jacquot, Territoire de musiques, le Centre Chorégraphique National de Belfort, le Quai à Mulhouse, l’Ecole d’art à Besançon, les Presses du Réel à Dijon, le Centre d’art mobile, Montagne froide et bien sûr, la Maison départementale de l’environnement à Evette-Salbert. La fréquentation des ateliers et des soirées est en constante augmentation et le public se diversifie. Il vient surtout de l’aire urbaine mais aussi de Mulhouse, de Besançon et même de Suisse. Ce lieu doit rester vivant et mettre à disposition des outils critiques sur les sujets qui nous préoccupent. A : Quelles sont les projets pour 2005 ? Y.E. : Continuer à inscrire la structure dans le Territoire de Belfort, développer le fond documentaire, les éditions et les expositions autour des arts contemporains. Dans le courant de l’année, il y aura une exposition d’un artiste américain, Brandon Labelle, qui travaille autour de la plastique sonore. Nous souhaitons faire venir Henri Chopin, artiste pionnier dans la poésie sonore et l’utilisation des outils techniques, pour une exposition et un concert. 2005 sera l’année des premières expositions de notre collection avec de nombreuses collaborations et invitations à des artistes. Multiplier les ateliers d'initiation et développer notre politique de rencontre sont les points forts de nos projets 2005.
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