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Alex Querenet

Alex Querenet, le directeur administratif du Pavillon des Sciences à Montbéliard en assure sa gestion depuis plus de 15 ans. Cette structure est aujourd’hui bien ancrée dans le paysage de l’Aire urbaine et a acquit une belle notoriété.

Atmosphère : Quelle a été l’évolution du Pavillon des Sciences depuis sa création ?

Alex Querenet : Tout a commencé en 1986, par une initiative de la ville de Belfort et du District urbain du Pays de Montbéliard qui avait pour ambition de mettre en place un centre de culture scientifique et technique dans l’Aire urbaine. Jean-Yves Bernaud, le directeur scientifique et moi-même avons été mandatés pour cette création. Au départ il s’agissait d’établir un programme d’échange dans le domaine technologique envers un public d’adolescents, d’où le nom d’Institut Jeune Europe Technologie. C’est avec la réhabilitation du parc urbain du Près la Rose et la création de l’espace Galilée en 1994, que la structure actuelle a pris forme. Un élargissement des partenariats avec d’autres structures à l’échelle régionale et nationale ainsi qu’une diversification des activités ont naturellement émergé. Nous avons peu à peu défini une programmation et fait circuler nos propres produits. Un nouveau bâtiment a ainsi vu le jour dans le Territoire de Belfort ; l’espace Rudolphe à Offemont, destiné au scolaire. Nous avons pu également renforcer la mission de la structure au niveau régional en créant « le colporteur des sciences », véhicule circulant de villages en villages afin de sensibiliser les jeunes aux sciences. Et d’autres moyens de diffusion se sont progressivement mis en place. Voilà ce qui fait aujourd’hui toute la richesse et toute l’histoire du Pavillon des Sciences.

A : Que pouvons-nous découvrir au Pavillon des Sciences ?

A.Q. : A l’entré du parc, dans le bâtiment Chenevière, nous pouvons retrouver l’espace numérique dédié à la découverte et à l’utilisation des nouvelles technologies, le centre de ressources ayant une fonction de documentation mais aussi d’aide aux montages de projet. Une exposition permanente sur le thème de l’écologie comtoise, « La forêt mystérieuse » est visible à l’entrée et un atelier des génies en herbes, destiné à un jeune public a trouvé également sa place. A l’espace Galilée, trois expositions temporaires sont présentées jusqu’au 4 septembre : « Microbes en questions », « Très toucher », « Touche à tout » ainsi que l’exposition permanente « L’île de la découverte ».

A : Quelle est vraiment la mission d’un centre de culture scientifique et technique ?

A.Q. : C’est un désir d'ouvrir le monde des sciences au plus grand nombre. Aujourd’hui notre société fonctionne à deux vitesses ; d’un côté des spécialistes, qui représentent un nombre infime de la population et de l’autre le reste des habitants. Il me paraît important que l’honnête homme ait une culture scientifique. Notre travail consiste à faire de « l’alphabétisation scientifique ». Nos missions sont définies par une charte labellisée par le ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, afin  de mettre la science en culture et de toucher tous les publics, notamment les jeunes enfants. Le Pavillon des Sciences joue ainsi avec les repères de la rue en mettant en place des opérations comme les bus « sciences », permettant aux expositions de circuler dans l’Aire urbaine. Il faut rompre avec le système des « cathédrales », c’est-à-dire ne plus faire de la science un domaine sacré, réservé à des spécialistes.


A : Le Pavillon des Sciences a acquis une notoriété au niveau national et international

A.Q. : La France compte 30 établissements de la sorte. Le Pavillon des sciences se classe parmi les 5 gros centres de culture scientifique et technique aux côtés de Paris, Bordeaux ou Marseille. Nous avons pu acquérir un savoir-faire et une spécialité concernant la création d’expositions. L’itinérance des expositions au niveau national comme international fonctionne de mieux en mieux. « Microbes en questions » a ainsi été exposé à La Villette, l’exposition sur le sucre a quant à elle été présentée au Liban et en Martinique. Nous sommes sollicités pour des coproductions d’expositions ; « Microbes en questions » a en effet été demandé par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, dans le cadre de sa campagne « Les antibiotiques, c’est pas automatique ».

A : Comment est perçu la structure au niveau local ?

A.Q. : Le quotidien est baigné dans un environnement scientifique et technologique. Notre région, plus particulièrement, connaît une histoire industrielle forte marquée par des entreprises comme Alsthom et PSA Peugeot Citroën. Il y a ainsi un véritable intérêt de la population, que nous constatons d’ailleurs au regard de la fréquentation, 1000 à 1200 entrées par semaine ont été enregistrées lors des dernières vacances scolaires.

A : Quels sont les projets et les thèmes abordés prochainement ?

A.Q. : Le Pavillon des Sciences s’empare des grands thèmes d’actualité afin d’en éclairer le public. Des expos sur la radioactivité, sur les insectes et sur le son sont en cours d’élaboration. (De la sollicitation jusqu’à la première visite, une exposition demande environ deux ans de travail). Par ailleurs, cet été, des animations seront proposées sur les lieux de vacances et en septembre, le public pourra découvrir une exposition intitulée « le sommeil, un art de vivre ». Enfin 2005, étant l’année de la physique, nous allons de ce fait créer des événements de circonstance.

(article paru dans Atmosphère 39 - printemps 2005)

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